Un professeur dans la société, un écrivain de polar dans la classe. Posture, fonction et passion de l’enseignant.
 

Conférence de Hervé le CORRE, prix du polar européen et professeur à Bègles.

 

Mercredi 11 octobre de 16h30 à 18h30
Site Gironde/ Mérignac- amphi Louise Michel

 

« De fait, j’ai écrit, jusqu’à septembre 2016, tout en étant prof. Le plus souvent (sauf les deux dernières années) à plein temps, donc en classe et au lycée jusqu’au cou à nager, surnager, me débattre, me battre, aussi, car la pédagogie est un sport de combat.


Enseigner, par-delà les difficultés grandissantes du métier, a toujours été un plaisir. Rien de béat là-dedans. Simplement le bilan de modestes victoires, quotidiennes, souvent silencieuses, remportées contre l’ignorance, la bêtise déversée à flux continus par les écrans et leurs histrions dans les cervelles immatures, et j’en passe. Plaisir de la rencontre, de la confrontation, voire de l’affrontement (ah! l’autorité!...), plaisir de la transmission et du partage.


Le plaisir malgré la fatigue, le sentiment d’abandon, la frustration de ne pas voir pousser ce qu’on a semé … et le sentiment de remplir le tonneau de Danaïdes.
J’ai écrit, oui, durant toutes ces années, établissant soigneusement des cloisons étanches entre mon métier et mon activité d’écriture… Le seul lien que j’ai établi, chemin faisant, entre ces deux sortes de travail, c’est qu’à mesure que grandissait pour moi le plaisir d’écrire, et l’évidence que c’est d’abord un travail, j’ai essayé de transposer ça auprès de mes élèves : apprendre le plaisir d’écrire sans jamais perdre de vue qu’il s’agit d’un travail. Façon de combattre l’idéologie du « don », tellement pratique pour déposer les armes devant la difficulté scolaire.


J’ai lu, aussi. Enormément. Parce qu’il faut bien avoir quelque chose à transmettre - la littérature, une culture, la curiosité - sans hésiter à sortir du cadre rassurant mais émollient des programmes et des manuels  pour se promener hors des sentiers battus. Voilà, en gros, comment j’ai essayé de faire ce métier. » Hervé le Corre.